Sauvage, je crie ton nom...
17 juillet 2026
Sur mes voyages passionnés
Sur les élytres et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom
Sur toutes les plages nues
Sur toutes les plages blanches
Plume sang griffe ou serre
J’écris ton nom
Sur les Kerguelen oubliés
Sur les armes de ses éco-guerriers
Sur la couronne des manchots
J’écris ton nom
Sur la mare et le marais
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de ma bretonne enfance
J’écris ton nom
Sur les merveilles des nuits
Sur l’élanion blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom
Sur tous les papillons azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur la Meuse endormeuse
J’écris ton nom
Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombles
J’écris ton nom
Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les eaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom
Sur tes formes vacillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité métaphysique
J’écris ton nom
Sur les traces éveillées
Sur les pistes déployées
Sur les rivières qui débordent
J’écris ton nom
Sur le lampyre qui s’allume
Sur le lampyre qui s’éteint
Sur toutes mes raisons réunies
J’écris ton nom
Sur ma vie coupée en deux
Du Milan royal à ma reine aimante
Sur mon cœur coquille vide
J’écris ton nom
Sur le chat-forêt envoûtant et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte emprisonnée
J’écris ton nom
Sur le carbet à ma porte
Sur les callistes diable-enrhumés
Sur les flots du Maroni
J’écris ton nom
Sur ta chair lacérée
Sur le front de tes ennemis
Sur chaque main qui se tend à toi
J’écris ton nom
Sur tes vies que l’on martyrise
Sur mes contemplations attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom
Sur tes refuges détruits
Sur tes temples écroulés
Sur les murs de notre folie
J’écris ton nom
Sur ton absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de notre propre mort
J’écris ton nom
Sur les espèces revenues
Sur les espèces disparues
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom
Et par le pouvoir d’un souffle
Tu recommences ta vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Un Jean-Michel à moitié poète de LOANA qui s'est permis de martyriser le poème de Paul Eluard "Liberté" pour une autre noble cause, celle du "Sauvage"...